George Town Literary Festival 2015 : le programme

Comme chaque année à cette période, nous vous donnons les grandes lignes du programme du George Town Literary Festival (GTLF), qui se déroulera du 27 au 29 novembre prochains. Financé en grande partie par l’État de Penang depuis ses débuts en 2011, le GTLF est aujourd’hui solidement inscrit dans le calendrier des manifestations culturelles de Malaisie, mais aussi sur la carte mondiale des événements littéraires qui font le buzz. Après une année de césure, l’écrivain Bernice Chauly reprend les rênes du festival, dont le thème cette année est : We are who we are / Are we who we are? Voilà qui s’annonce palpitant…

Vendredi 27 Novembre

GTLF-Logo-with-dateOutre la cérémonie d’ouverture présidée par Lim Guan Eng, gouverneur de l’État de Penang, en présence de tous les participants au festival (18h-19h30), se tiendront notamment deux ateliers d’écriture poétique. Le premier (Inside Out: From Imagination to Craft to Poem) sera dirigé par Shirley Lim Geok-lin, née à Malacca et l’une des principales figures de la poésie anglophone de la période post-indépendance.

Le second (How to Bring a Poem to Life) devrait attirer bon nombre de jeunes poètes en herbe car Omar Musa, le célèbre artiste australien de spoken word, officiera en tant que maître de cérémonie. On conseille d’ailleurs fortement la lecture de son premier roman, Here come the dogs (Penguin, 2014), une plongée dans l’Australie banlieusarde sur fond de rythmes hip-hop et de canettes graffiti fortement secouées.

La journée se termine par un spectacle de wayang kulit proposé par l’association Pusaka et un concert de Mia Palencia, l’une des artistes pop-jazz les plus connues de Malaisie.

Samedi 28 Novembre

Zunar

Zunar

Près d’une vingtaine de sessions et de rencontres se tiendront cette journée. Autant dire qu’il va vous falloir faire des choix ! La première session du matin (9h30) devrait être particulièrement intéressante car elle marque le lancement de l’exposition Cartooning as an art of protest, consacrée au dessinateur Zunar, qui fait aujourd’hui face à une peine possible de 43 ans de prison pour ses caricatures du couple Najib-Rosmah… Il sera présent pour l’événement, l’occasion d’entendre quelques mots de ce pourfendeur de la classe politique largement corrompue de Malaisie.

Dans la foulée, à 10h, la session The Other Side of Silence devrait également susciter pas mal d’intérêt. Cinq femmes écrivains, dont les Malaisiennes Shivani Sivagurunathan et Chuah Guat Eng, discuteront sur le thème du silence et de l’indicible en littérature. L’occasion de découvrir Franca Treur (Pays-Bas), Anja Utler (Allemagne) et Xu Xi (Hong Kong), trois auteurs bien connues dans leurs pays d’origine mais sans doute assez exotiques pour les lecteurs malaisiens. C’est d’ailleurs ce qui fait la beauté de ce petit festival : la rencontre entre des auteurs venus du monde entier et des lecteurs assoiffés de nouvelles histoires, de nouvelles perspectives, de nouvelles voies possibles, peut-être encore plus qu’ailleurs.

L’atelier What is Literary Translation? sera dirigé par Maureen Freely, écrivain britannique célébrée pour ses traductions du turc vers l’anglais des cinq derniers romans d’Orhan Pamuk, Prix Nobel de Littérature en 2006. À noter que les ateliers d’écriture sur les trois jours du festival ne sont pas gratuits : une participation, somme toute modeste, de RM50 est exigée pour chacun d’entre eux.

Marina Mahathir

Marina Mahathir

Parmi les autres événements à ne pas manquer : The Malay Dilemma, en présence de Marina Mahathir, Zunar et Omar Musa ; The Futile States, en présence de quatre écrivains originaires de quatre pays différents de l’ASEAN, sur les échanges culturels et littéraires entre pays membres de cette association jusqu’à présent purement commerciale ; le lancement du recueil de nouvelles Rules of Desire, de Dipika Mukherjee, publié par Fixi Novo et écrit par l’une des auteurs expatriées les plus intéressantes de Malaisie ; la remise du tout premier D.K. Dutt Memorial Award à la meilleure œuvre littéraire malaisienne sur un thème sportif ; et pour finir la journée en musique et poésie, une séance de lecture de textes du poète indonésien Chairil Anwar suivie d’un concert de Reza Salleh.

Pour les couche-tard amateurs de frissons, un groupe de cinq artistes femmes de spoken word, emmené par Elaine Foster et Sheena Baharudin, vous donne rendez-vous à partir de 22h30 pour une session démoniaque de poésie libre sur le thème de «pontianak», la forme féminine du vampire en Malaisie et en Indonésie. Le cadre de l’événement devrait lui-même vous donner la chair de poule : un temple chinois, sur la vieille rue d’Armenian Street…

Dimanche 29 Novembre

Salma Khoo

Salma Khoo

Pour bien commencer votre journée de dimanche, quoi de mieux qu’un débat sur les idées soi-disant dangereuses qui empêcheraient la Malaisie de se regarder dans un miroir et d’aller de l’avant ? En présence de Salma Khoo, Ooi Kee Beng, Khairudin Aljunied et Anthony Milner, quatre des plus fins observateurs de l’histoire malaisienne, ce débat (10h) devrait s’avérer particulièrement enrichissant, avec, on l’espère, quelques bonnes raisons d’espérer glanées au final.

À la même heure, Shirley Lim Geok-lin et Judy Fong Bates (Canada) se retrouvent pour parler de la condition des femmes écrivains asiatiques dans le monde littéraire contemporain, une conversation animée par l’excellente Sharon Bakar. Un peu plus tard (10h30), un atelier de dessin en compagnie du caricaturiste Zunar devrait aussi faire salle comble.

Lim Swee Tin

Lim Swee Tin

La poésie occupe une place importante ce dimanche, avec notamment la session Poetry and the World (14h), en présence de Joshua Ip (Singapour), Danton Remoto (Philippines), Pablo Jofré (Chili) et Lim Swee Tin (Malaisie). L’occasion de découvrir un des rares Malaisiens d’origine chinoise à avoir choisi le malais comme langue d’écriture et récompensé du SEA Write Award en 2000. Autre événement poétique : le lancement de Taboo (17h), le premier recueil de poèmes de la talentueuse Melizarani T. Silva, en compagnie de William Beale qui lui lance They Call Us Loud. Attendez-vous à des joutes oratoires de haute volée et beaucoup de bonne humeur en regardant ces deux artistes bien connus pour leur sens de la répartie et de la mise en scène.

Pour conclure le festival, une discussion animée par Bernice Chauly sur le thème du cinéma est prévue à 19h en présence de Dain Said et Nandita Solomon, respectivement réalisateur et productrice de Bunohan, l’un des plus grands succès au box-office malaisien en 2011 (visible dans un format partiel et expérimental à la Ilham Gallery de KL). Leur nouveau film, Interchange, sortira en 2016 et s’annonce déjà comme le film le plus attendu de l’année en Malaisie. Enfin, final en musique avec la pop douce-amère de Zalila Lee. Bon festival à tous !

Retrouvez le programme et les horaires complets, ainsi que la liste des participants, sur le site du George Town Literary Festival.

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