Pantouns : appel à textes

Vous vous sentez l’âme poète ? Vous écrivez déjà des poèmes, mais souhaitez explorer de nouvelles formes créatrices ? Vous êtes simplement amoureux de la Malaisie et souhaitez approfondir votre connaissance de la culture littéraire locale ? En collaboration avec l’édition malaisienne du PetitJournal.com et l’auteur-traducteur Georges Voisset, spécialiste de littérature de l’archipel malais, nous vous invitons à laisser libre cours à votre imagination et à élaborer des pantouns, la forme poétique par excellence de la Malaisie.

Le pantun, ou pantoun, est un genre poétique malais remarquable, et dont le nom commence à être reconnu des Français, même s’il n’a pas encore chez nous la célébrité de son cousin japonais, le haïku. Nos poètes ont écrit des milliers de haïkus français, et il s’en échange des milliers sur nos sites poétiques. Mais ce n’est pas, hélas, le cas du pantoun, pratiquement absent de nos blogs, sites et traditions poétiques…

Dans le but de faire (re)découvrir cette forme noble et dans l’espoir, à terme, d’en tirer un recueil qui lui serait entièrement dédié, nous vous proposons de contribuer à notre page Pantouns en nous soumettant vos créations pantounesques !

Qu’est-ce qu’un pantoun ?

C’est un quatrain – rien d’autre qu’un quatrain, mais obéissant à deux  règles fondamentales, deux « divisions ». La première concerne le contenu : les deux premiers vers expriment une « description », une notation, tandis que les deux suivants expriment le sens de l’ensemble, la « morale », le « message ».

L’idéal poétique visé consiste en une  « correspondance »  aussi étroite que possible entre les sonorités, les mots des deux moitiés. La seconde règle concerne les rimes, qui sont croisées (ABAB). Voici un exemple, où les correspondances sont soulignées dans le texte original :

Kalau tidak kerana bintang                          Si ce n’était pour les étoiles

Masakan bulan naik se tinggi ?                        La lune monterait-elle ainsi ?

Kalau tidak kerana abang                            Si ce n’était pour toi

Masakan sahaya datang ke mari ?                   Serais-je venue jusqu’ici ?

Traduire un pantoun en respectant ces règles sonores est donc, évidemment, impossible : il ne reste qu’à… en écrire.  Quant à savoir si le premier distique, à lui tout seul, doit avoir son propre sens, ou bien s’il doit évoquer le sens du suivant… pantounez d’abord : il sera bien temps plus tard de constater que c’est bien là le point mystérieux où les ruses poétiques de notre petit genre se dissimulent le mieux !

Le pantoun en français

Mais il existe déjà, direz-vous, une tradition des pantouns en français ! C’est ce que, depuis Victor Hugo, nous appelons le pantouM (pour plus de détails à ce sujet, voir l’article de Georges Voisset : Au fait, vous avez dit pantoun ou pantoum ?). En effet ! Le pantoun-quatrain, le pantoun « original », possède deux manières de se démultiplier.

La première est appelée le « pantoun lié », elle consiste à répéter les vers 2 et 4 en vers 1 et 3 de la strophe suivante, etc. : c’est le pantouM à la française, celui que les blogs de poésie connaissent bien depuis Harmonie du soir de Baudelaire – mais le seul – hélas ! – qu’ils connaissent, une expansion de type AB/AB, BC/BC, CD/CD, etc. La seconde capacité de notre petit quatrain à se démultiplier – une capacité totalement inconnue en France, celle-là – est une expansion de type ABC/ABC, ou ABCD/ABCD, etc., d’où des pantouns-sizains, des pantouns-huitains… Mais il s’agit-là d’une forme rare, et qui ne peut rester repérable en tant que pantoun qu’à condition de jouer sur un pantoun-quatrain pré-existant.

Or, sans exclure à priori totalement cette seconde formule, nous souhaitons précisément, par cet appel, rendre au pantoun original toute sa saveur, brève, percutante, mais mémorable. Et inviter ce faisant les poètes français à mieux comprendre les vertus de la forme poétique originale sur laquelle s’est greffée la tradition de notre pantouM.

Pour contribuer à notre revue Pantouns

Référez-vous d’abord aux précédents numéros de notre revue, pour vous donner une idée de la forme à respecter, mais aussi des libertés possibles.

Déposez ensuite vos créations en commentaires des pages de ce blog (aucune limite fixée), ou bien envoyez-les nous par email. Nous ferons en sorte de les présenter de manière nominative (ou anonyme, selon votre choix). Nous nous engageons aussi à vous tenir informés de tout projet de publication éventuel qui pourrait découler de cette initiative, dans le but de faire revivre l’art du pantoun en français !

A vos marques… Prêts… Pantounez !

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