KL Writers & Readers Festival, 17-18 Novembre

En attendant la grand-messe des festivals littéraires de Malaisie, à savoir le George Town Literary Festival du week-end prochain, Kuala Lumpur accueille lui aussi un rendez-vous dédié au livre et au monde de l’édition. Le KL Writers & Readers Festival se déroule ainsi aujourd’hui et demain dans le hall de la Bibliothèque de Kuala Lumpur (Perpustakaan KL). Petit tour d’horizon.

Le KLWRF est avant tout un rassemblement d’éditeurs et de distributeurs indépendants, proposant des titres alternatifs ou engagés politiquement, bien loin des standards classiques de l’édition malaisienne. Parmi les exposants, Buku Fixi fait figure de modèle à suivre, et son patron — l’infatigable Amir Muhammad — de parrain toujours prêt a dispenser conseils avisés et anecdotes croustillantes. A Kuala Lumpur aujourd’hui, à Penang la semaine prochaine, il s’efforce de promouvoir écriture et lecture dans un pays plus habitué à dévorer les programmes télévisés sur Astro que la production éditoriale locale, pourtant plutôt conséquente. Loin de prêcher dans le désert, il s’est constitué avec Fixi une base solide de lecteurs, pour la plupart jeunes (entre 16 et 30 ans) et d’ethnie malaise, tous ces titres étant pour l’instant diffusés uniquement en bahasa malaysia. Dans quelques semaines néanmoins seront publiés les premiers titres Fixi en anglais, avant que ne suivent (c’est déjà prévu) les premiers romans et recueils en langue chinoise.

Parmi les autres exposants, Lejen Press suit aussi la tendance des ouvrages pulp initiée par Fixi, avec son lot d’auteurs prolifiques et de titres accrocheurs, voire ouvertement provocateurs. Pulp toujours chez SeLUT Press, dont le catalogue comprend aussi des romans fantasy et de science-fiction. Pulp hardcore chez NeonTerbit, et pour adoucir les mœurs, poésie chez Jargon Books. Si la qualité n’est pas toujours au rendez-vous, il est intéressant de voir l’engouement des jeunes lecteurs s’appropriant chaque nouveau titre de ces collections et vouer un mini-culte à ces auteurs du cru. De bon augure pour les années à venir, en espérant que certains de ces écrivains, après avoir fourbi leurs armes, prennent véritablement leur envol et s’ouvrent les portes d’un lectorat plus important encore.

Outre des maisons d’édition, le festival regroupe aussi quelques groupes de passionnés de littérature, de cinéma et d’arts en général, à l’image du collectif organisateur Sindiket Sol-Jah, mais aussi Projek Rabak, basé à Ipoh, et Studio Anai Anai (KL), chacun publiant ponctuellement ses propres ouvrages. Concerts acoustiques, démonstration de calligraphie, conférences et séances projection sont également au programme : aussi bref et intime (seulement une petite douzaine d’exposants) que l’évènement puisse paraître, l’accent est donc mis sur l’interdisciplinarité et le partage d’expériences. Sans oublier l’aspect Internet, omniprésent, qui donne une ampleur supplémentaire à ce rendez-vous hétéroclite et rafraîchissant. Les Malaisiens, on le sait, sont particulièrement friands des outils Facebook, Twitter et autre Instagram. A voir le nombre de tweets avec le hashtag #KLWRF, on se croirait presque au Salon du livre de Francfort…

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